La petite fille qui avait avalé un nuage aussi grand que la Tour Eiffel de Romain Puértolas

Publié le par Stefsav

La petite fille qui avait avalé un nuage aussi grand que la Tour Eiffel de Romain Puértolas

Résumé :

 

256 pages

 

Le jour où Providence doit se rendre à Marrakech pour ramener Zahera, une petite fille gravement malade qu’elle vient juste d’adopter, un volcan se réveille en Islande et paralyse le trafic aérien européen empêchant tout avion de décoller.

 L’amour d’une mère est-il assez fort pour déplacer les nuages ?  

Si tout a commencé, pour Romain Puértolas, par l’ambulation à succès, chahutée et planétaire, d’une armoire bien complète de son Fakir, tout va continuer avec la geste aérienne d’une donzelle hors norme : Providence Dupois, debout dès l’aube, flair de reine, six orteils au pied droit, factrice de profession et mère par instinct.

Coincée en aérogare par la nuageuse colère d’un volcan islandais, Providence ne peut aller quérir-guérir au Maroc l’enfant malade qu’elle a adoptée : Zahera, fillette aux poumons embrumés (toujours des nuages) par la mucoviscidose.

Elle tempête, trépigne et songe à l’enfant qu’elle a découverte, petite boule de charmants prodiges, lors d’une hospitalisation au Maroc.

Quand soudain les dieux suscitent un génie : le maître 90, dit aussi Hué, pour qui vole qui veut, suffit d’ouvrir les bras, l’envol se prend comme un élan : hop ! Et Providence de voler, cap Maroc !

Mais si, en définitive, tout cela n’était que chimère à réacteurs, un conte odoriférant, une rêverie en altitude…

Qui sait ? « le monde est un enfant qui veut voler, avant de savoir marcher » nous glisse l’artiste : dont acte, rêvons, volons, rêvons que nous volons. Lisons.

 

(Editions Le Dilettante)

 

Mon avis :

 

J'ai d'abord été attirée par ce livre à travers sa première de couverture que je trouvais tendre et jolie et par son titre poétique et tendre (mais aussi à rallonge !!!). N'ayant pas encore lu "L'extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa" (il est pourtant sur ma liste des livres à lire depuis un certain temps !), je ne savais pas que l'auteur de ces deux romans était la même personne. Je n'ai même pas pris le temps de lire un résumé ou une critique et je me suis directement plongée dans ma lecture !

 

J'ai découvert un auteur au style surprenant, à multiples facettes, alternant humour (parfois un peu "lourd", parfois décalé, parfois très drôle... mais après tout chacun a sa sensibilité et ne classera pas les mêmes passages du livre dans les mêmes catégories), actualité et poésie.

 

Cette histoire, c'est avant tout l'histoire d'un amour maternel qui peut mener une maman jusqu'à l'impossible (l'improbable ?), à savoir voler de ses propres ailes pour rejoindre sa fille qu'elle va enfin adopter. Mais Providence est bloquée à Paris à cause des cendres d'un volcan islandais qui bloque le trafic aérien le jour même où elle allait pouvoir ramener sa fille à Paris...

Avec Zahera, l'auteur nous ramène à une des dures réalités de la vie : la maladie d'un enfant. Mais à aucun moment nous ne tombons dans le "pathos" : Romain Puértolas fait entrer la poésie dans la mucoviscidose avec ses nuages, sa confiture de fraises, mais n'omet pas d'évoquer les souffrances et les soins. Zahera que Providence rencontre grâce à une opération de l'appendicite et avec qui naît peu à peu une forte relation digne d'un amour mère-fille. en l'adoptant, Providence offrira à Zahera une vie plus douce qu'au Maroc malgré la maladie.

 

Léo Machin, contrôleur aérien de son état, narrateur du livre, confie à son coiffeur chez qui il est en visite que Providence est coincée au sol mais cherche à tout prix une solution pour rejoindre au plus vite le Maroc. Elle fait alors des rencontres des plus improbables : un marabout qu'elle pense Chinois, des moines tibétains de l'ordre des Mantes Tricoteuses... Ces personnages parfois hauts en couleurs l'aident à cheminer vers la paix intérieure pour développer son aptitude à voler, elle qui avait surpris ses parents pédiatres en marchant plus tôt que tout autre enfant !

 

Providence, factrice de son état (mais elle préfère qu'on dise facteur !), sollicite Léo à qui elle porte son courrier chaque jour pour qu'il lui permette de décoller... Elle devient alors la première femme à voler, et dans un ballet aérien improbable, elle rencontre les présidents Obama, Hollande, Poutine...

 

Mon côté terre-à-terre sentait le conte, la jolie histoire à travers cette femme volante. Je sentais qu'à un moment ou un autre, l'auteur nous ramènerait les pieds sur terre... Un premier rappel à la réalité a été la maladie, malgré sa description poétique. Mais la fin surprenante m'a ramenée les pieds sur terre !

 

Vous l'avez compris : ce livre est un conte pour adulte (attention, spoiler : l'happy end des contes enfantins n'y est pas !), mêlant poésie, allusions à l'actualité et humour. Pas un coup de coeur, mais une lecture très agréable malgré tout.

Publié dans Roman, Conte, Numérique

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Léa Touch Book 09/03/2015 07:21

Une très bonne lecture :) !