Une enfance de Jésus de JM Coetzee

Publié le par Stefsav

Une enfance de Jésus de JM Coetzee

Résumé :

 

377 pages

 

Le jeune David et Simón, son protecteur, sont arrivés – on ne sait d’où – par bateau au camp de Belstar, où ils ont été reconditionnés afin de s’intégrer dans leur nouveau pays : nouveaux noms, nouvelles dates de naissance (âge de 5 ans attribué à David, 45 à Simón), mémoire lavée de tous souvenirs, apprentissage rapide de l’espagnol, langue du pays. Puis ils ont traversé le désert et ont atterri au Centre d’accueil de Novilla, où les services publics leur allouent un logement – sans loyer – ainsi que maints services gratuits, et l’aident à trouver un emploi de docker. David ayant perdu en mer la lettre qui expliquait sa filiation, Simón se fait le serment de lui trouver une mère que son intuition seule désignera. Inés, une trentenaire, est l’élue. Elle accapare l’enfant, dont elle fait sa chose et le soustrait au système éducatif, par la fuite vers encore une autre vie.
Coetzee s’intéresse-t-il au traitement utopique des réfugiés dans un système bureaucratique efficace et une société purgée de passion ? Aux rapports pédagogiques et tendres entre le gardien Simón et sa charge, David, enfant précoce, parfois cabochard ? Aux effets de l’ignorance dans laquelle se trouve un enfant qui ne connaît pas ses parents biologiques ? Autant de questions qui restent sans réponse, qui en amènent de nouvelles comme dans un cycle éternel.


Né en 1940, J.M. Coetzee est l'auteur de trois récits autobiographiques, d’un recueil de nouvelles, de dix autres romans traduits dans 25 langues et abondamment primés, ainsi que de deux volumes d’essais. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 2003.

 

Mon avis :

 

Avec un titre qui peut porter à confusion, ce livre n'est en rien un livre religieux.

Il s'agit plutôt d'une fable philosophique, d'un cheminement initiatique.

En accompagnant cet homme et cet enfant qui débarquent dans un pays imaginaire dans lequel on parle espagnol, on prend une grande leçon de vie.

Le voyage en bateau menant à ce pays est sensé nettoyer la mémoire et les souvenirs de chacun. En y débarquant, on se construit une nouvelle identité, on doit y trouver un logement, un travail et surtout de quoi survivre.

Ce pays est loin d'être un eldorado : le superflu n'y a pas sa place, tout ce que l'on fait ou vit est purement fonctionnel, il n'y a pas de place pour le plaisir, le rêve, les projets, on y vit au jour le jour et on doit absolument s'y adapter.

Ce livre m'a questionnée : comment s'adapter à un monde inconnu quand on immigre ? que peut-on ressentir  ? comment éduquer les enfants, quelle place à la liberté, à l'imagination ? Qui est le parent, le géniteur ou celui qui vit le quotidien ? Quelle place dans notre vie pour le travail : n'est-ce qu'un moyen de se substenter, un moyen d'assouvissement ? Que penser de la mécanisation qui permet un allègement du travail mais qui fait aussi que la machine se substituant à l'homme, celui-ci peut alors perdre ce qui lui permet de survivre ?

Une jolie découverte que ce roman : le titre ne m'avait pas accrochée, le résumé pas particulièrement attirée, et sans ma participation au prix Yaka'lire, je ne sais pas si je l'aurais lu un jour. Mais j'ai trouvé ce livre agréable à lire, philosophique sans être intellectuel : l'auteur nous amène à nous questionner de façon subtile, et chacun à son rythme et à sa façon.

Publié dans Roman, Prix Yaka'lire

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