L'envol du papillon de Lisa Genova

Publié le par Stefsav

L'envol du papillon de Lisa Genova

Résumé :

 

365 pages

 

Quel avenir a-t-on quand le passé nous échappe ?

 

Brillant professeur à Harvard, Alice Howland adore sa vie, qu'elle partage entre les cours, la recherche et sa famille. Peu de temps avant son cinquantième anniversaire, elle s'étonne de ses trous de mémoire, de plus en plus fréquents. Sans doute est-ce le stress.

Mais, un jour, Alice se perd dans son quartier en faisant son jogging, et décide de consulter un médecin. Le diagnostic est sans appel : elle est atteinte d'un Alzheimer précoce.

A mesure que ses souvenirs s'effacent et que ses repères disparaissent, Alice doit apprendre à vivre au présent. Ecrit du point de vue d'Alice, L'Envol du papillon aborde le sujet de la maladie d'Alzheimer avec force et justesse, et brosse le portrait bouleversant d'une femme qui se bat pour rester elle-même, jusqu'au bout.

 

(Résumé : Presses de la Cité)

 

Mon avis :

 

Lorsque j'ai découvert ce livre par hasard, le titre m'a donné envie d'aller découvrir le résumé...

Le thème m'a interpelée, et je me suis demandée  comment l'auteure aborderait cette question de l'Alzheimer dans sa forme précoce, sachant qu'elle est docteur en Neurosciences... J'avais un peu peur de tomber dans un ouvrage qui resterait "médical"...

Mais Lisa Genova a réussi à nous faire vivre "de l'intérieur" cette maladie en nous narrant l'histoire d'Alice jour après jour par Alice : quelques tests sont bien cités (et oui, orthophoniste je suis, orthophoniste je reste !), les symptômes sont racontés plus que décrits, mais ce qui est passionnant dans ce livre, c'est qu'Alice nous raconte comment elle vit cette mémoire qui s'en va, comment elle devient l'ombre d'elle même.

Ce livre est touchant car chacun de nous est amené à se questionner sur comment il vivrait cette maladie, mais aussi parce qu'il nouss pousse à nous questionner...

La forme précoce d'Alzheimer qui touche Alice est une forme génétique : se pose alors la question de savoir si ses enfants doivent se faire dépister, s'ils auront envie de le faire, quitte à savoir qu'ils vivront avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête, comment réagiront-ils lorsqu'ils sauront et surtout si les uns ou les autres sont épargnés...

Au cours de mes études, je me rappelle que nous avions entre étudiants ce questionnement de ce que nous pourrions faire de nos connaissances si nous étions un jour confrontés à la maladie. Lisa Genova l'évoque à travers Alice et son mari : elle connait les tests, essaie de s'auto-évaluer en parallèle des évaluations de la neuropsychologue, et lui, chercheur aussi se documente afin de trouver le traitement qui pourra ralentir le développement de la maladie chez sa femme, voire quel traitement expérimental pourra peut-être limiter les dégâts, avec l'espoir de voir cesser l'évolution... Pas facile de se savoir malade quand on connait ls différents stades de la maladie...

Elle évoque également avec beaucoup de pudeur je trouve la difficulté d'être conjoint ou enfant d'un patient Alzheimer : comment l'amour peut-il supporter de voir celle ou celui qu'on aime se dégrader, comment devient-on par la force des choses le parent de son parent...

Ce livre m'a énormément plu : je l'ai trouvé à la fois très documenté mais sans l'être trop, et je l'ai lu comme un roman, suivant la narration d'Alice. J'ai ressenti les émotions d'Alice, de son mari, de ses enfants, j'ai parfois aimé leur amour, parfois détesté leurs réactions.

En résumé, un livre particulièrement émouvant, qui traite de la maladie d'Alzheimer avec un respect énorme pour ces malades et qui pointe l'importance du rôle de l'accompagnant, des difficultés rencontrées, le tout avec beaucoup de pudeur.

Publié dans Roman

Commenter cet article