Le réveil du cœur de François d'Epenoux

Publié le par Stefsav

Le réveil du cœur de François d'Epenoux

Résumé :

Depuis la naissance de son petit-fils, Malo, le Vieux n’est pas franchement en odeur de sainteté dans la famille. Nanti d’un caractère de cochon et d’une allergie totale à la modernité, bloqué à jamais dans les Trente Glorieuses, il désapprouve à peu près tout ce qui constitue la vie de Jean, son fils, y compris le choix de sa compagne, avec laquelle le Vieux est incapable d’échanger trois mots. Jusqu’à ce mois d’août où, en désespoir de cause, on lui confie la garde de Malo…

Entre le petit garçon de 6 ans et le vieillard irascible, le réveil du coeur a sonné.

 

(Sources : Editions Pocket)

 

Mon avis :

Je tiens tout d'abord à remercier ma tante pour le prêt de ce livre pour lequel elle avait eu un coup de coeur. Ce livre vient nous parler d'une problématique qui peut toucher tout un chacun, celle du conflit des générations...

J'ai trouvé les personnages du "Vieux" et de Jean, joliment décrits et racontés par François d'Epenoux. Ils sont attachants, même si parfois on a envie de leur dire à l'un ou à l'autre qu'ils abusent quelque peu ! Le "Vieux" dans ses idées du passé dans son refus du modernisme, le jeune dans sa fuite en avant, sa course dans le quotidien.

J'ai trouvé par contre que Leila était parfaitement odieuse ! Quelle dureté de l'auteur d'imaginer une maman s'inquiéter à l'idée que son fils vivra quelques jours chez son grand-père mais sans télé !!!! Cette maman qui choisit clairement sa vie professionnelle au détriment de son fils quitte à accepter que son grand-père qu'elle juge totalement rétrograde puisse le garder un mois et avec qui elle avait coupé le contact depuis la naissance de Malo...

La première partie voit Jean, narrateur, qui voit sa vie bousculée par la naissance de son fils Malo. On voit à quel point l'arrivée d'un enfant dans une famille bouscule tout : ce père qui devient grand-père quand son fils devient père, le vit mal et exprime parfois maladroitement ses opinions... La belle-fille n'est pas acceptée et devient alors celle par qui la séparation arrive... Nous sommes là au delà de la question du modernisme ou non, mais bien dans cette hiérarchie familiale qui se veut mouvante...

La seconde partie est celle de LA rencontre entre ce "Vieux" et son petit-fils. Ils vont d'abord devoir s'apprivoiser avant de pouoir construire une relation vraie. Le "Vieux" devient alors narrateur et on le sent s'attendrir, se questionner devant ce petit bout de six ans : ils nous montrent que chacun a à gagner à apprendre de l'autre et qu'au final ce fossé technologique n'est pas un obstacle à une relation vraie.

Les questionnements à distance de la mère, en particulier le moment où elle s'offusque du fait que le grand-père ait pu laisser son petit-fils dormir dans son lit pour lui éviter des cauchemars, son interrogation face à l'inceste à cet instant m'ont paru parachutées.. On se demande ce que cela peut apporter à ce roman...

Ce livre est une jolie leçon de vie sur les relations inter-générationnelles, les conflits que peuvent amener des façons de voir les choses diférentes, des incompréhensions qu'au final le dialogue pourrait lever... On se dit aussi que cette société de surconsommation si bien décrite dans ce roman n'est que trop d'actualité et peut aussi venir ajouter des conflits entre une génération qui a pu connaître les manques de la guerre et celles qui suivent qui n'ont connu "que" l'opulence...

Certaines scènes m'ont beaucoup amusée : celle du début du livre, le retour d'une grande enseigne suédoise dans les transports "trop communs", celle de l'appel téléphonique de la mère qui conduisent le "Vieux" à sacrifier son antique voiture à l'appel de la sécurité en installant des ceintures de sécurité...

Un livre agréable à lire qui porte aussi à réfléchir...

Publié dans lectures 2016

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